Chez Tashi Delek, pour écrire nos articles, nous nous appuyons sur les textes canoniques et sur les commentaires reconnus des traditions théravada et tibétaine. En ce qui concerne nos guides sur les produits tibétains et sur l’artisanat, nous puisons nos sources et le savoir que nous partageons dans nos nombreux voyages au Tibet, à la rencontre des artisans locaux tibétains.
Lhassa est le point de départ de presque tout séjour au Tibet. Perchée à environ 3 650 m, la capitale historique réunit le Potala, le Jokhang et les grands monastères. Mais on ne s’y rend pas comme dans n’importe quelle ville : il faut un permis, un guide et un peu de temps pour s’acclimater. Ce guide pratique réunit l’essentiel pour voyager à Lhassa sereinement.
Voyager à Lhassa : ce qu’il faut savoir avant de partir
Lhassa se situe sur le haut plateau tibétain, à une altitude où le corps met quelques jours à s’adapter. La ville mêle une vieille ville tibétaine, groupée autour du Jokhang, et des quartiers plus récents, plus vastes. C’est ici que l’on prend la mesure du pays avant de rayonner vers les plus beaux monastères du Tibet.
Deux points structurent tout voyage à Lhassa, et il vaut mieux les intégrer dès le début : l’altitude, qui impose un rythme lent les premiers jours, et le cadre réglementaire, qui rend le voyage individuel impossible. Une fois ces deux éléments acceptés, tout devient plus simple à organiser.
Ce voyage convient à la plupart des marcheurs en bonne santé, y compris à ceux qui ne sont pas de grands sportifs, à condition de respecter le temps d’acclimatation. En cas de doute, notamment sur le plan cardiaque ou respiratoire, demandez l’avis d’un médecin avant de réserver. L’altitude concerne tout le monde, quel que soit l’âge ou la forme physique.
Le permis obligatoire pour voyager à Lhassa
Pour entrer au Tibet, un visa chinois ne suffit pas. Il faut aussi un permis d’entrée au Tibet (Tibet Travel Permit), délivré aux voyageurs étrangers. Ce permis ne s’obtient pas à titre individuel : il est demandé par une agence agréée, sur la base de votre passeport et de votre visa.
Conséquence directe : le voyage au Tibet se fait toujours dans le cadre d’un circuit organisé, avec un guide local. On ne peut pas y voyager librement, sac au dos, comme ailleurs en Chine. L’agence réserve généralement les documents deux à trois semaines avant l’arrivée, parfois davantage en haute saison.
Une fois sur place, c’est votre guide qui conserve le permis et le présente aux points de contrôle. Bon à savoir : une copie du permis est généralement demandée pour embarquer sur le vol ou le train à destination de Lhassa. Ce document vous suit donc tout au long du voyage.
Pour la seule ville de Lhassa et ses environs proches, le permis d’entrée suffit. Dès que l’on s’éloigne — vers Shigatsé, l’Everest ou l’ouest du pays — d’autres autorisations s’ajoutent, que l’agence gère également. Les règles évoluent : confirmez toujours les conditions du moment avec votre agence et, pour le visa, auprès du consulat de Chine.
À quelle saison partir à Lhassa
La période la plus agréable s’étend d’avril à octobre, avec un climat doux et lumineux. L’été est la haute saison : plus de monde, mais des journées clémentes. Le début de l’automne, en septembre et octobre, offre souvent le meilleur équilibre entre météo et affluence.
Un point mérite attention : le Tibet est généralement fermé aux touristes étrangers pendant une partie de la fin de l’hiver, souvent en février et mars, avant de rouvrir au début du printemps. Les dates exactes changent d’une année à l’autre : vérifiez-les tôt si vous visez cette période.
L’hiver, hors fermeture, a pourtant ses partisans. Lhassa reste accessible, le ciel est souvent d’un bleu profond, les sites sont calmes et les pèlerins nombreux autour du Jokhang. Il fait froid, surtout la nuit, mais l’expérience est plus intime.
Les fêtes tibétaines peuvent aussi guider votre choix de dates. Le Losar, le nouvel an tibétain, anime la fin de l’hiver ; la Saga Dawa, au printemps, remplit les chemins de pèlerinage ; le Shoton, en été, déroule un immense thangka à Drepung. Ces périodes sont belles, mais très fréquentées : réservez tôt.
Rejoindre Lhassa en avion ou en train
Deux grandes façons d’arriver à Lhassa coexistent. L’avion est le plus rapide : des vols relient l’aéroport de Lhassa à plusieurs villes chinoises, comme Chengdu, Xining ou Chongqing, ainsi qu’à Katmandou. L’inconvénient est le passage brutal de la plaine à 3 650 m, qui laisse peu de temps au corps pour s’adapter.
Le train est plus lent, mais souvent préféré pour l’acclimatation. La ligne Qinghai-Tibet, l’une des plus hautes du monde, monte progressivement sur le plateau, avec un apport d’oxygène dans les voitures. Le trajet, long, offre des paysages remarquables. Depuis le Népal, l’entrée se fait par la route ou par un vol, avec un visa de groupe organisé par l’agence.
À l’arrivée en avion, l’aéroport de Gonggar se trouve à environ une heure de route du centre : votre guide vous y attend. Pour le train, très demandé en été, les billets sont réservés à l’avance par l’agence, car ils partent vite.
S’acclimater à l’altitude dès l’arrivée
À 3 650 m, l’air est bien plus pauvre en oxygène qu’au niveau de la mer. Les premiers jours, un peu d’essoufflement, un sommeil léger ou de légers maux de tête sont fréquents. La règle d’or est simple : ralentir.
Il n’y a aucune honte à lever le pied : même les voyageurs venus des plaines prennent le temps de s’habituer. Une première journée tranquille pose souvent les bases d’un séjour réussi.
Bien vivre l’altitude à Lhassa
- Gardez la première journée au repos, sans visite exigeante ni effort inutile.
- Buvez beaucoup d’eau et mangez léger : l’hydratation aide l’adaptation.
- Évitez l’alcool et limitez le tabac les premiers jours.
- Montez les escaliers lentement ; au Potala, prenez votre temps.
- En cas de symptômes marqués ou persistants, prévenez votre guide et consultez : ne minimisez jamais le mal d’altitude.
Le Potala, palais emblématique de Lhassa
Le palais du Potala est l’image même de Lhassa. Ancienne résidence d’hiver des dalaï-lamas, il dresse ses murs blancs et rouges au sommet de la colline. La visite se fait sur créneau horaire, avec un nombre de visiteurs limité chaque jour et un temps compté à l’intérieur : votre agence réserve la date à l’avance.
Prévoyez de la montée à pied et un peu de souffle, surtout en début de séjour. À l’intérieur, la photographie est le plus souvent interdite. Prenez le temps d’observer les chapelles, les tombeaux dorés et la vue sur la ville depuis les terrasses.
La lumière du matin est souvent la plus belle pour photographier le palais depuis l’extérieur, notamment depuis la place située en contrebas. À l’entrée, les grands sacs et certains objets sont interdits : voyagez léger ce jour-là.

Le Jokhang et le Barkhor, cœur de la vieille ville
Si le Potala est l’emblème, le Jokhang est l’âme de Lhassa. C’est le temple le plus sacré de la ville, où les pèlerins affluent du matin au soir. Autour, la place et les ruelles bruissent d’une vie constante.
Tout autour du temple court le Barkhor, la voie de circumambulation que les fidèles parcourent dans le sens des aiguilles d’une montre, moulins à prière à la main. C’est aussi un marché animé. Marcher un tour de Barkhor, en suivant le mouvement, est l’une des expériences les plus marquantes d’un séjour à Lhassa.
Pour voir le Barkhor au plus vivant, venez tôt le matin ou en fin de journée, quand les pèlerins sont les plus nombreux. Devant le Jokhang, certains se prosternent longuement. Depuis les terrasses du temple, la vue sur la place et le Potala au loin récompense la montée.

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Les grands monastères autour de Lhassa
Autour de la capitale, trois grands monastères gelugpa se visitent facilement en une demi-journée ou une journée. À Sera, on peut assister en fin d’après-midi aux joutes d’étude : c’est le monastère universitaire de Sera, connu pour ses débats en plein air. À Drepung, jadis l’un des plus grands du monde, on découvre un véritable village monastique à flanc de colline.
Un peu plus loin, à l’est, Ganden se mérite par une route de montagne, mais récompense par un panorama superbe et une atmosphère paisible. Ces excursions demandent, là encore, d’être prévues avec votre guide, et se placent idéalement après un ou deux jours d’acclimatation en ville.
À Sera, les débats ont lieu en général en début d’après-midi, dans une cour ombragée : demandez l’horaire exact à votre guide, car il varie et certaines journées font exception. Drepung se visite plutôt le matin, avant la chaleur et l’affluence.
Où loger et se repérer dans Lhassa
Lhassa se lit en deux parties. La vieille ville tibétaine, autour du Barkhor et du Jokhang, concentre les ruelles, les échoppes et l’ambiance de pèlerinage. À l’ouest s’étend une ville plus récente, aux larges avenues, où se trouvent la gare et de nombreux commerces.
Pour l’ambiance, mieux vaut loger dans ou tout près du quartier du Barkhor : on sort le matin au milieu des fidèles, et l’on rentre le soir à pied. Les distances y sont courtes, mais rappelez-vous l’altitude : on marche plus lentement qu’ailleurs, et les montées essoufflent vite les premiers jours.
Côté hébergement, on trouve aussi bien des maisons d’hôtes simples dans la vieille ville que des hôtels plus confortables. En hiver, renseignez-vous sur le chauffage : tous les établissements ne se valent pas sur ce point, et les nuits sont froides.
Se déplacer dans Lhassa
Dans la vieille ville, tout se fait à pied : c’est le meilleur moyen de sentir l’ambiance du quartier. Les distances sont courtes, mais l’altitude invite à la lenteur, surtout dans les montées.
Pour les trajets plus longs et les excursions vers les monastères, vous êtes accompagné par votre guide et un véhicule avec chauffeur, inclus dans le circuit. La conduite par soi-même n’est pas une option pour les visiteurs étrangers. En ville, des taxis assurent les petits déplacements, mais l’essentiel des visites s’organise avec l’agence.
Budget et argent à Lhassa
Le voyage au Tibet se réserve généralement sous forme de circuit tout compris : permis, guide, transport local et hébergement figurent dans le prix. Cela simplifie l’organisation, mais rend le séjour plus coûteux qu’un voyage classique ailleurs en Chine.
Sur place, prévoyez des espèces en yuans pour les petits achats, les maisons de thé et les échoppes. Le paiement par applications mobiles domine en Chine, mais il n’est pas toujours simple à activer pour un visiteur étranger : gardez de la monnaie sur vous. On trouve des distributeurs en ville, surtout dans les quartiers récents.
Enfin, réservez votre circuit plusieurs semaines à l’avance : c’est le délai nécessaire à l’obtention des permis, et les meilleures périodes se remplissent vite.
Manger et rapporter un souvenir de Lhassa
La cuisine tibétaine est simple et nourrissante, adaptée à l’altitude. On goûte les momos, raviolis cuits à la vapeur ou frits, la thoukpa, soupe de nouilles réconfortante, et la tsampa, farine d’orge grillée, base de l’alimentation locale. Le thé au beurre salé surprend au début ; les maisons de thé sucré sont, elles, de vrais lieux de vie.
Côté souvenirs, la vieille ville regorge d’échoppes. Prenez le temps de distinguer la production de série de l’artisanat réellement fait main : encens, textiles, objets rituels, bijoux. Achetez ce qui a du sens pour vous, auprès de vendeurs qui savent vous parler de l’origine de leurs pièces.
Les maisons de thé sucré méritent une halte : on s’y assoit parmi les habitants, autour d’un thé au lait et de quelques nouilles. L’appétit peut baisser les premiers jours à cause de l’altitude ; mieux vaut manger léger et régulièrement que de gros repas.
Se comporter avec respect sur place
Lhassa est une ville de foi avant d’être une destination. Quelques égards simples changent beaucoup la façon dont on y est accueilli, et témoignent d’un vrai respect pour les habitants et leurs pratiques.
Les bons réflexes à Lhassa
- Tournez toujours dans le sens des aiguilles d’une montre autour des temples, stūpa et moulins à prière.
- Demandez avant de photographier une personne ; évitez de photographier l’intérieur des chapelles sans autorisation.
- Habillez-vous de manière couverte dans les lieux de culte et ôtez chapeau et lunettes en entrant.
- Ne touchez pas la tête des enfants et ne pointez pas du doigt les statues.
- Restez discret sur les sujets sensibles et suivez les indications de votre guide.
Ce qu’il faut emporter à Lhassa
L’altitude, le soleil et l’air sec dictent une partie du sac. Quelques éléments simples rendent le séjour bien plus confortable :
- des vêtements en couches, chauds pour le matin et le soir, même en été ;
- une bonne protection solaire, des lunettes et un baume à lèvres ;
- une gourde et de quoi vous hydrater tout au long de la journée ;
- une batterie externe et un adaptateur de prise ;
- vos médicaments personnels avec l’ordonnance, et une copie de votre passeport et de vos permis.
Gardez toujours sur vous une copie de vos documents : elle peut être demandée à divers points de contrôle, en ville comme sur la route.
Combien de jours pour visiter Lhassa
Pour l’essentiel de la ville, comptez trois à quatre jours, acclimatation comprise. C’est le minimum pour profiter du Potala, du Jokhang et des grands monastères sans courir. Avec davantage de temps, on rayonne vers Shigatsé, le lac Namtso ou l’Everest ; certains prolongent bien plus loin, jusqu’au pèlerinage du Mont Kailash.
Un séjour de six à huit jours ouvre déjà de belles possibilités : aux journées à Lhassa, on ajoute le lac Yamdrok, Shigatsé et son monastère, parfois une nuit vers l’Everest. Au-delà de dix jours, l’ouest du pays devient envisageable, pour qui a le temps et l’acclimatation nécessaire.
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| Jour | Programme | Repère |
|---|---|---|
| Jour 1 | Arrivée, repos et acclimatation | Rythme lent, ~3 650 m |
| Jour 2 | Potala, Jokhang et tour du Barkhor | Vieille ville |
| Jour 3 | Monastères de Sera et Drepung | Débats à Sera l’après-midi |
| Jour 4 | Excursion à Ganden ou journée libre | Route de montagne |
Au-delà de la capitale : les excursions possibles
Beaucoup de voyageurs prolongent leur séjour au-delà de la ville. Le lac Namtso, l’un des plus hauts lacs salés du monde, se visite à la journée ou avec une nuit sur place ; son altitude élevée demande d’être déjà bien acclimaté. Le lac Yamdrok, aux eaux turquoise, se découvre sur la route du sud.
Plus loin, Shigatsé et son grand monastère, la vallée du Yarlung avec Samye, ou encore le camp de base nord de l’Everest complètent un itinéraire plus ambitieux. Chacune de ces étapes demande des permis supplémentaires et quelques jours de plus. Mieux vaut donc les prévoir dès la conception du circuit avec votre agence.
À retenir
- Voyager à Lhassa suppose un permis, un guide et un circuit organisé : le voyage individuel n’est pas possible.
- La ville est à environ 3 650 m : prévoyez une acclimatation dès l’arrivée.
- Comptez trois à quatre jours pour l’essentiel, davantage pour rayonner au-delà.
FAQ : voyager à Lhassa
Peut-on voyager seul à Lhassa ?
Non. Le voyage se fait dans le cadre d’un circuit organisé avec un guide agréé et un permis d’entrée. Le voyage individuel, sac au dos, n’est pas autorisé au Tibet.
Quel permis faut-il pour aller à Lhassa ?
Il faut un visa chinois puis un permis d’entrée au Tibet, demandé pour vous par une agence agréée. D’autres autorisations s’ajoutent dès que l’on quitte les environs de Lhassa.
Combien de jours prévoir à Lhassa ?
Comptez trois à quatre jours pour la ville et ses grands monastères, acclimatation comprise. Ajoutez des jours pour Shigatsé, l’Everest ou l’ouest du pays.
À quelle altitude se trouve Lhassa ?
Lhassa est à environ 3 650 m. À cette hauteur, une acclimatation progressive est nécessaire les premiers jours, surtout si vous arrivez en avion.
Quelle est la meilleure saison pour visiter Lhassa ?
D’avril à octobre en général, avec un bel équilibre en début d’automne. Notez qu’une fermeture aux étrangers est fréquente en fin d’hiver : vérifiez les dates à l’avance.
Comment rejoindre Lhassa ?
En avion, depuis plusieurs villes chinoises et depuis Katmandou, ou en train par la ligne Qinghai-Tibet, plus lente mais utile pour l’acclimatation.
Le mot de la fin
Voyager à Lhassa demande un peu d’organisation et de patience, mais récompense largement l’effort. En acceptant le cadre, en respectant l’altitude et les habitants, on découvre une ville où la foi rythme encore la vie quotidienne. Prenez le temps de vous poser, d’observer et de marcher au pas des pèlerins : c’est ainsi que Lhassa se livre le mieux.